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LES VACANCES 2005 DE GEORG RATZINGER |
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Les vacances d'été de Georg Ratzinger
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Georg Ratzinger a rendu visite à son frère, le pape Benoît XVI, pour quatre semaines de vacances. Dans le Passauer Neue Press, il raconte ses expériences dans la résidence d'été des Papes à Castel Gandolfo, et à la clinique Gemelli. (par Karl Birkenseer)
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C'était un mois d'août inabituel que les frères Ratzinger ont passé ensemble, cet été. Auparavant, avant l'élection de Benoît XVI, ils avaient l'habitude de se rencontrer chaque année à Regensburg, d'où ils se rendaient vers l'un de leurs lieux de villégiature habituels, dans le sud-Tyrol, en Autriche ou en Bavière. Cette année, Georg Ratzinger dut se rendre à Castel Gandolfo, la résidence d'été du Pape, pour être avec son frère Joseph durant ce mois d'été. L'ancien Maître de chapelle des Domspatzen y a passé presque quatre semaines, du 29 juillet au 26 août, avec Benoît XVI, dans cette ville située à une vingtaine de km au sud-est de Rome. Août 2005 fut pour Georg Ratzinger inhabituel pour une autre raison aussi -et la nouvelle en fit le tour du monde- le mercredi 3 août, le frère du Pape fit une attaque cardiaque; raison pour laquuelle on dut lui implanter un pacemaker à la clinique Gemelli de Rome. Parce que c'est dans sa nature, l'octogénaire dit que cette expérience "ne fut pas si terrible", mais lorsqu'il en raconte les circonstances, cela ne semble pas anodin: "Dans l'après-midi, je m'apprêtais à écouter un cd -une fugue de Beethoven- quand soudain, tout se mit à tourner autour de moi pendant un bref moment. Puis tout rentra rapidement dans l'ordre. Quand cela se produisit de nouveau durant le repas du soir, mon frère, et tous les convives, furent très alarmés. " Le médecin du Pape, le Dr Renato Buzzonetti le fit immédiatement transférer à la clinique Gemelli et là, après 24 heures d'examen, ils diagnostiquèrent une sévère arythmie cardiaque. Dès le début, le Maître de Chapelle se sentit si bien avec le pacemaker qu'on lui avait immédiatement implanté, qu'il put sortir le samedi 6 août. Il parle des médecins compétents et des infirmières dévoués dans les termes les plus chaleureux, ajoutant "je ne peux que les recommander". Avec gratitude, mais aussi avec une joie malicieuse compte-tenu des circonstances extraordinaires, Georg revient sur la visite du Pape Benoît à son chevet, à l'hôpital. "Le 4 août, mon frère vint en hélicoptère de Castel Gandolfo à Rome -en hélicoptère, car les autorités italiennes préfèrent qu'il en soit ainsi. S'il était venu en voiture, à cause des mesures de sécurité, le traffic aurait été perturbé. Et puis, un pape ne vient pas seul! Ses deux secrétaires, deux archevêques, et son valet l'accompagaient. Six personnes en tout pour une visite! Pour la clinique Gemelli, c'était une situartion sans espoir!!" Les deux frères purent passer ensemble à peu près un quart d'heure sans être dérangés, dans le même service, au 10ème étage, que Jean-Paul II, mais pas dans la même chambre. Quand CTV (la télévision vaticane) arriva au bout de vingt minutes, des photos furent prises, montrant de façon émouvante comment Benoît, tout de blanc vêtu, s'inquiètait pour son frère, qui de son côté portait la tenue blanche de l'hôpital. Après cette semaine agitée, la routine quotidienne de Castel Gandolfo fut vite de retour -si l'on excepte le fait que le temps était lui aussi inhabituel pour un mois d'août: "Il ne faisait pas aussi chaud que d'habitude, quelquefois nuageux, quelquefois pluvieux, mais quand même supportable, car, contrairement à l'Allemagne, la pluie ne dure pas longtemps".
Le Maître de Chapelle du Dôme décrit ainsi une journée typique dans la résidence estivale du pape: après le réveil, et s'être habillé, Benoît XVI célèbre la messe à 7h30. Ensuite, il lit le bréviaire pour son frère, qui, par suite d'une maladie des yeux, ne voit plus très clair. Ensuite vient le petit-déjeuner, "avec une assistance plus importante" -à côté du pape et de son hôte de Regensburg, le secrétaire du pape, Georg Ganswein, et son collègue polonnais "Mietek", et le valet Angelo Gutschel, et les quatre Memores Domini (les soeurs laïques qui font la cuisine et tiennent la maison du pape)
Jusqu'au déjeuner, à 1h, le Saint-Père se retire dans son bureau -car même pendant les vacances, il doit s'occuper de sa correspondance et préparer les audiences générales. Le début de l'après-midi se déroule "dans un agréable farniente". Après la sieste obligatoire, depuis le début du séjour, ces heures ont été consacrées à des conversations entre les frères. A 4h30, le pape retourne dans son bureau, avant une petite promenade dans le parc de Castel Gandolfo, tout en récitant le rosaire. Après le dîner, à 7h30, vient le moment pour Benoît XVI de se joindre à des millions de personnes de par le monde, en regardant le journal de 20 heures.
La journée s'achève avec un autre petit tour, le bréviaire du soir, et un exercice qu'on ne peut imaginer qu'entre deux passionnés de musique comme les frères Ratzinger: avant que le Pape n'aille se coucher, vers 9h30, pendant quelques minutes, le maître de Chapelle de 81 ans joue au piano des airs folkloriques et des chants religieux, en guise de berceuse pour le chef de l'Eglise de 78 ans "La lune est descendue"(Der Mond ist aufgegangen) et "Sois notre abri, et veille pendant la nuit" (In dieser Nacht sei Du uns Schirm und Wacht).
La musique joue un grand rôle pour Georg Ratzinger, quand son frère n'a pas de temps à lui consacrer. Alors, il puise dans la vaste collection de CD du Pape, et écoute un disque après l'autre. Durant ces dernières semaines, il n'a pas seulement écouté Beethoven, mais auussi beaucoup de sonates pour piano de Mozart, le musicen préféré de Benoît XVI, exécutées par le pianiste Geza Anda. Quand il n'écoute pas de musique, il aime qu'on lui fasse la lecture - peut-être Ingrid Stampa, la gouvernante du pape. En de rares occasions, Benoît lui-même se charge de ce devoir d'amour pour son frère -et pas seulement la lecture du bréviaire. En août, parmi d'autres livres, l'ouvrage de Golo Mann "Histoire de l'Allemagne, du XIXème au XXème siècle" était au programme. La réunion des deux frères fut interrompue pendant quatre jours durant les Journées mondiales de la jeunesse à Cologne. Georg Ratzinger ne ne se rendit pas dans la cité Rhénane, parce que "de vrais jeunes étaient invités, pas des jeunes aux cheveux blancs". A la télévision, il put voir avec quelle chaleur Benoît était accueilli par les jeunes. Cela émut, et impressionna profondément le Maître de Chapelle. Le pape, aussi, à son retour, évoqua "une grande expérience". Pour lui, "le vol de nuit au-dessus de Marktl-am-Inn fut inoublible". "Mon frère a ressenti une profonde impression de cette possibilité d'être en contact téléphonique avec les habitants de son village natal, de pouvoir leur adresser quelques mots, et de réciter avec eux le 'je vous salue Marie'. Il était absolument enthousiaste au sujet du commandant Martin Ott, qui eut l'idée de cette réunion entre le ciel et la terre. Et qu'il ait joué un air des Domspatzen, avec le motet de Mendelssohn 'Denn er hat seinen Engeln', l'émut aussi beaucoup ". Ainsi, Georg Ratzinger put retourner en Bavière le 26 août avec une valise pleine de souvenirs, entre autres la satisfaction que "pendant ces vacances mon frère put continuer l'écriture de son livre sur le Christ, qu'il aimerait finir". "Notre prochaine rencontre est prévue pour octobre". A ce moment, l'ancien Maître de Chapelle du Dôme se joindra à son successeur Roland Buchner, et aux Domspatzen de Regensburg lors d'un concert dans la chapelle Sixtine pour l'ouverture du synode des évêques. Les médecins de Gemelli veulent aussi le voir pour une visite de contrôle, pour voir si le pacemaker fonctionne bien -un autre souvenir de ce mois d'août inhabituel de l'année de l'élection.
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