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 LE THÉOLOGIEN
De A à Z

FÉMINISME
 

Extrait de "Entretiens sur la Foi", chapitre 7, page 107 et suivantes.
Il analyse les mouvements de "féminisme radical", dont les revendications de plus en plus excessives (avec leur dernière manifestation, l'ordination de femmes) , traduisent la volonté pure et simple de nier la différence biologique et la complémentarité des sexes, et par là, la nature. La lutte contre l'"inégalité" de la Nature apparaît alors en quelque sorte comme l'ultime avatar de la lutte des classes.


Des femmes "prêtres"

[..]
« C'est la femme qui paie le plus durement les conséquences de la confusion et de la superficialité d'une culture, fruit de cerveaux masculins, d'idéologies masculines qui trompent la femme et l'ébranlent en profondeur en prétendant vouloir en réalité la libérer. »

« A première vue, les requêtes du féminisme radical en faveur d'une égalité totale entre homme et femme semblent fort nobles, en tout cas absolument raisonnables, et il paraît logique que la requête proposant que toutes les professions soient ouvertes à la femme, sans aucune exclusive, se transforme à l'intérieur de l'Église en demande d'accéder aussi au sacerdoce. Aux yeux de beaucoup, cette demande d'ordination, cette possibilité d'avoir des prêtresses catholiques, semble non seulement justifiée, mais inoffensive : une simple adaptation indispensable de l'Église à une nouvelle situation sociale qui s'est manifestée. »

« En réalité, ce type d'émancipation de la femme n'est pas du tout nouveau. On oublie que dans le monde antique, toutes les religions avaient également des prêtresses.
Toutes, sauf une : la religion juive. Le christianisme, là encore à l'exemple "scandaleusement" original de Jésus, ouvre aux femmes une situation nouvelle, il leur accorde une place qui constitue un des éléments de nouveauté par rapport au judaïsme. Mais, de celui-ci, il garde le sacerdoce réservé aux hommes. Évidemment, l'intuition chrétienne a compris que la question n'était pas secondaire, que défendre l'Écriture (qui, ni dans l'Ancien, ni dans le Nouveau Testament, ne connaît de femmes-prêtres) signifiait encore une fois défendre la personne humaine. A commencer bien sûr par celle de sexe féminin. »


Contre la banalisation du sexe

« [..] Il faudrait aller au fond de cette requête que formule le féminisme radical - en la tirant de la culture aujourd'hui répandue - de ne pas tenir compte de la spécificité du sexe, rendant interchangeables tous les rôles entre l'homme et la femme.
En parlant de la crise de la morale traditionnelle, j'ai fait allusion à une série de ruptures fatales qui sont à la racine de cette crise : par exemple, la rupture entre sexualité et procréation. Détaché de son lien avec la fécondité, le sexe n'apparaît plus comme une caractéristique déterminée, comme une orientation radicale, originelle, de la personne. Homme? Femme? Ce sont des questions qui, pour certains, sont désormais "archaïques", dépourvues de sens, voire racistes.
La réponse du conformisme courant est prévisible : "Que l'on soit homme ou femme n'a pas beaucoup d'importance, nous sommes tous simplement des personnes humaines." En réalité, cela est grave, même si cela semble de prime abord très beau et généreux : car cela signifie que la sexualité n'est plus considérée comme enracinée dans l'anthropologie, cela signifie que le sexe est perçu comme un simple rôle interchangeable à volonté.

[..] il s'ensuit logiquement que tout l'être et tout l'agir de la personne humaine sont réduits à une pure fonction, à un simple rôle par exemple, le rôle de "consommateur" ou le rôle de "travailleur" selon les régimes. Quelque chose, en tout cas, qui n'a pas de rapport direct avec la différence de sexe.
Si tout n'est que "rôle" déterminé par la culture et l'histoire, et non une spécificité naturelle inscrite en profondeur, même la maternité devient une fonction purement occasionnelle : et, de fait, certains cercles féministes considèrent comme "injuste" que seule la femme soit contrainte d'accoucher et d'allaiter. Et la science - pas seulement la loi - accourt en renfort : en transformant un homme en femme et vice versa, ou en détachant la fécondité de la sexualité, dans le but de faire procréer à volonté au moyen de manipulations techniques. Ne sommes-nous pas tous égaux?
Donc, si nécessaire, on combat aussi contre l"'inégalité" de la nature.
Or, on ne combat pas la nature sans en subir les conséquences les plus dévastatrices. .. »


A la défense de la nature

« ..pour l'Église, le langage de la nature (dans le cas présent, deux sexes complémentaires et en même temps bien distincts) est aussi le langage de la morale (homme et femme appelés à des destins également nobles, tous deux éternels, mais en même temps différents). »
..
«[..]la femme, quand on a refusé, voire tourné en dérision les rôles inscrits dans sa nature biologique même, quand sa merveilleuse capacité de donner amour, aide, soulagement, chaleur, solidarité, a été remplacée par la mentalité économiste et syndicale de la "profession", ce typique souci masculin, que peut-elle faire, quand tout ce qui lui est plus spécifiquement propre se trouve balayé, réduit à l'insignifiance ou à une déviation ?


 

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