1933-1939: La prise du pouvoir par Hitler, son influence sur la vie quotidienne
Quels sont vos souvenirs de ces années entre 1933 et, disons 1939, quand vous étiez un garçon de 6 à 12 ans? Eh bien, comme je disais, dans cette ville, il y avait de tout. Par dessus-tout, le Parti avait installé des Nazis parmi les professeurs, à l'école, et aussi le chef de la police adjoint était un jeune Nazi fervent. Ces réalités étaient présentes. Mais je dois dire que la vie de tout les jours, même l'école, je dois dire, n'était pas pénétrée profodément par le phénomène. Nous étions assez éloignés de l'évolution des évènements politiques. On en entendait parler. C'était très difficile pour mon père, parce qu'il y avait disons, de continuelles insinuations venant des supérieurs, contre le prêtre de de la paroisse, contre d'aures prêtres, des religieuses. Il y avait tout le temps de grandes difficultés.
Vous souvenez-vous d'indidents précis? Je dois dire: pas personnellement. Mais je sais que souvent, mon père savait qu'ils ne lui donnaient plus directement les ordres, mais à son adjoint. Mais il était au courant de ces ordres, et ainsi, il pouvait aller voir le prêtre de la paroisse, ou les autres prêtres, et leur dire: "Voilà, il va se passer ceci ou cela.". Et ainsi, il pouvait les aider. Un jour, mais je ne connais pas les détails, il fut décider d'emprisonner un certain prêtre, et il put, au bon moment, informer le prêtre, et mettre au point une parade, je ne sais en quoi elle consistait, et ainsi, il put le sauver. A Traunstein, où nous déménageâmes, les choses étaient plus houleuses, mais les pires accidents avaient déjà eu lieu avant notre arrivée. Là, ils avaient -voyons, comment dit-on- brisé les dents d'un prêtre. Et d'autres incidents de ce type. Ils avaient placé une bombe qui explosa et endommagea le presbytère. Et le cardinal avait pénalisé la ville par une interdiction: les cloches de la ville ne devaient plus sonner.
Et célébrer la messe? On pouvait célébrer la messe. Mais pour une ville qui aimait la musique, qui était baignée dans la tradition musicale de Salzbourg, c'était une sévère punition.
En quelle année? En 1933, ou 1934. Mais on en parlait encore, même si je n'en fus pas moi-même un témoin direct. Nos n'arrivâmes à Traunstein qu'en 1937, mais le souvenir en demeurait vivace.
Y-avait-il une sorte de sentiment apocalyptique que la guerre était imminente? Disons que, dans ces villes, dans les années 30, en zone rurale, les choses étaient encore pacifiques. Les gens avaient leur rythme de vie, et peu de choses avait changé. Mais je dirais qu'on pouvait voir qu'Hitler préparait la guerre. Mon père l'avait dit dès le début: "Maintenant que nous avons ce gredin, nous aurons bientôt la guerre". On pouvait percevoir que nous aurions la guerre. Mais je dirais que, pendant les quatre premières années, dans l'atmosphère de la vie de tous les jours, on n'y pensait pas vraiment. Cette situation changea avec l'annexion de l'Autriche. Nous habitions à Traunstein, non loin de la frontière, et nous pouvions sentir une grande tension. A partir de ce moment, il devint clair que les choses n'allaient pas bien.
A propos du prêtre qui eut les dents brisées: avez-vous personnllement fait l'expérience de mauvais traitements ou de violence physique. Non. C'était dû à la rage des Nazis quand ils prirent le pouvoir. Plus tard, ils devinrent plus modérés. Parce qu'Hitler lui-même, qui était un homme intelligent à sa manière, avait presque dissous la SA, cette troupe formée par ses camarades de lutte. Il savait qu'avec ces hommes, il ne pourrait pas gagner contre le peuple. Par conséquent, il modifia profondément leur influence.
Avez-vous suivi ses actions et ses décisions de près, essayant de comprendre cet homme qui conduisait votre pays? Disons, la raison pour laquelle il avait réduit et humilié ces compagnons, on ne pouvait pas la connaître. Je me rappelle de ceci: j'allais à l'école, j'étais sur le point de partir pour l'école, c'était en 1934, quand il prit la décision d'exécuter quelques uns des chefs.
La "nuit des longs couteaux"... Oui. Rohm, etc. Et notre professeur nous en parla. Elle nous dit "Ces hommes voulaient faire de mauvaises choses, et le Führer en fut informé, et il nous a protégé contre eux". Je ne sais pas comment les gens l'ont interprété. Mon père , naturellement, soupçonnait que quand Hitler faisait quelque chose, il avait l'intention de faire le Mal. Parce qu'il disait -c'était une des choses qu'il disait "Rien de bon ne peut venir du diable, même si cela semble être le cas". Mais s'il était réellement conscient que l'élimination des SA, etait un tour pour apparaître comme le führer de tous les Allemands, cela, je l'ignore.
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