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UN NOL BAVAROIS POUR BENOT
 

Les nouvelles en cette fin d'année sont loin d'être réjouissantes: après l'entrée en vigueur en France de la loi de bioéthique d'août 2004, avec comme perspective "une nouvelle utilisation du diagnostic préimplantatoire qui permettra la naissance de « bébés du double espoir »..." (loi qui justifie toutes les inquiètudes du Saint-Père), voici qu'arrive l'annonce de l'exécution de Saddam Hussein

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Bref, pour ne pas céder à l'hystérie ambiente,je préfère me faire l'écho de "l'actualité heureuse", comme on dit.
Quoi de plus agréable à lire que cet article reproduit sur le Papa Ratzinger Forum, tiré du Mittelbayerische Zeitung, traduit en anglais par Teresa, et intitulé NOEL BAVAROIS POUR BENOIT.
Je l'ai donc à mon tour traduit en français...


Nol avec le Pape

... gibier rôti et petits gâteaux, Benoît le fête à la mode bavaroise.

21 décembre 2006, Martin Zoller, Mittelbayerische Zeitung
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A peu près à onze heures de voiture du Vatican se trouve le hameau de Huffschlag, aux confins de Traunstein. Le petit Joseph Ratzinger y vécut dans une ferme dans les années 30. Désormais, il a 79 ans, et se nomme Benoît XVI.

Et quand il fête Noël avec ses proches collaborateurs, l'ambiance est aussi recueillie, et aussi "bavaroise" que lors des Noël qu'enfant, il passait avec sa famille.. A cette différence qu'il doit aussi célébrer la messe pour des millions de personnes.


 
 

Mais pour le Noël intime de Benoït XVI au Vatican, tout est déjà prêt. Le banquier de Munich Thaddeus Kuehnel y a pourvu, comme il l'a fait vingt-cinq années durant pour son ami le Cardinal Ratzinger.
Pendant 25 ans, il a ponctuellement livré à Rome, pour chaque Noël, ce qui peut faire la joie d'un bavarois en ces périodes de festivités: des saucisses, des couronnes d'Avent, du jambon, des petits gâteaux et de la bière.
Grâce à la dernière traversée par Kuehnel du col de Brenner (Brenner Pass, qui relie le Tyrol Autrichien à l'Italie), la chambre du Pape, dans les appartements pontificaux ressemble à celle de n'importe quel allemand.
Il y a deux arbres de Noël, dans son salon privé. Jusqu'à il y a quelques jours, ils poussaient dans la forêt bavaroise, dans la propriété d'une famille de Waldingen. Kuehnel a choisi trois arbres, les a coupés puis attachés solidement sur le toit de sa voiture. Ils ne devaient pas en être détachés avant d'arriver dans la cour du Palais apostolique.



 
 

De ce moment, les arbres ont été confiés à Carmela, Emanuela, Loredana et Christina, les quatre "laïques consacrées" qui tiennent la maison du Pape. Elles ont non seulement décoré les sapins, mais aussi préparé le repas de Noël, un cerf tué au début de la semaine par un chasseur de Souabe, Gisbert Setter.
Kuehnel a aussi porté au Pape un assortiment de petits gâteaux confectionnés par des religieuses cloîtrées de Bavière - kipferl à la vanille, gâteaux au citron, pâtisseries fourrées de confiture, et le traditionnel stollen.
"Le Saint-Père a une faiblesse pour les sucreries" dit Soeur Irma.


 

Le frère du Pape, Georg, doit s'envoler pour Rome le 28 décembre, mais déjà pour la veillée de Noël, le Pape va se complaire dans les souvenirs des Noëls passés, comme il aime le faire, selon ceux qui le connaissent depuis longtemps à Rome.
Dans la "chambre de Noël" du palais apostolique, il a installé la crèche qui l'a accompagné depuis qu'il était professeur, à Ratisbonne.
A la différence de la plupart des gens, cependant, le pape sera très occupé la veille de Noël, et le jour de Noël - à commencer par la messe de minuit à la basilique Saint-Pierre, et 12 heures plus tard, son message de Noël au monde, avec des voeux en 62 langues, et la bénédiction Urbi et Orbi.

Son message de Noël devrait avoir un thème social.
On dit qu'il est sur le point de publier sa seconde encyclique, qui devrait porter sur la réponse de l'Eglise face à la globalisation.


 
 

Second article, un peu plus détaillé que le précédent...
Il a aussi transité par le Papa Ratzinger Forum, depuis le journal allemand Sueeddeutsche Zeitung du 23/12, et lui aussi a été traduit en anglais par Teresa.
Ma traduction en français.


L'ami du Saint-Père

Souhaits de Noël de la terre natale: un arbre pour Benoît
Stefan Ulrich

C'est presque comme si elle venait d'un autre univers, cette Mercedes noire, avec les arbres de Noël sur la galerie de son toit, tandis qu'elle se fraie un chemin dans le traffic de l'après-midi romain. Celui qui la conduit n'est autre que le propre Père Noël du pape..
Il guide la limousine prudemment à travers les colonnades du Bernin, en direction de la grille de fer de l'entrée. Le garde suisse salue, et la mystérieuse voiture pénètre dans le Vatican, vers la cour de Damas (i.e. la cour intérieure qui donne accès au Palais Apostolique).
Le secrétaire particulier du Pape, Georg Gänswein, l'attend pour le saluer. Tandis que le crépuscule tombe sur le Vatican, les deux hommes descendent de la galerie, sur le toit de la voiture, trois sapins bleus des forêts de Bavière, et les emmènent vers l'ascenseur privé qui conduit aux appartements du Pape.
Ils ont aussi emporté toutes les merveilles et friandises bavaroises destinées au pape, le Stollen, les cakes aux fruits, toutes sortes de petits gâteaux de Noël, et même des bougies de cire aromatisées.

Ce soir, Thaddäus Joseph Kühnel, le Père Noël du Pape, est assis à côté de lui sur un canapé, dans son salon. Ils peuvent enfin bavarder à loisir, et tranquillement, "de Dieu et du monde", comme dit Kuehnel, et aussi du temps où Joseph Ratzinger était cardinal et pouvait se promener, et fréquenter les restaurants du voisinage.
"Ce temps est révolu", nous dit Kühnel un peu plus tard, devant un verre de vin rouge de Montalcino, dans un bar près de la Place Saint-Pierre. "Le Pape est à présent prisonnier au Vatican".

Cependant, il nous dit que Benoît était très heureux. "Nous avons ri ensemble, à propos de plusieurs choses". Il donne comme exemple l'amusement du pape à la nouvelle que le Vatican avait l'intention de monter une équipe de football professionelle. Un "poisson de Noël"!
"Bien sûr, c'est quelque chose de s'asseoir à côté du pape sur un canapé", dit Kühnel. "Mais je n'étais pas du tout impressionné".
L'homme en costume trois-pièces compte de manière évidente parmi les plus proches amis du pape.
Kühnel, directeur de la banque privée munichoise Hauck & Aufhaüser, rencontra pour la première fois Joseph Ratzinger à l'occasion d'une retraite au monastère de Bad Adelholzen, en 1979. Lorsque, quatre ans plus tard, le cardinal quitta sa bavière pour rejoindre son poste à la Curie à Rome, Kühnel lui fit cette promesse: "je vous apporterai des choses de Bavière à Rome".
Il tint parole. 25 ans durant, il fit le chemin entre l'Isar et le Tibre pour apporter à son ami ce que la saison commandait - agneaux de Pâques, couronnes d'Avent, arbres de Noël. Kühnel lui a même apporté du jus de fruit d'Adelholzen, et de la bière d'Andechser.
"Mis j'ai cessé d'apporter des choses trop lourdes pour moi", di-il (il a 61 ans). Cette fois-ci, il a ramené un mouton sculpté venant du marché de Noël d'Altötting. "Le Saint-Père a déballé immédiatement le cadeau. Il peut être tellement heureux avec de si petites choses".
Un pape qui déballe avec enthousiasme ses cadeaux de Noël - cela semble une nouvelle image tendre de Joseph Ratzinger. Qu'est-il arrivé au sévère cardinal? La fonction a-t'elle à ce point changé l'homme? (ndr: à ce point, Teresa, qui a traduit le texte d'allemend en anglais, s'insurge contre ce lieu-commun).
Tout en sirotant son vin, Kühnel dit "Je ne crois pas! Je l'ai toujours connu comme un homme simple, plein de bonté. Même ceux qui le critiquent s'en aperçoivent", ajoutet'il avec une pointe d'amertume.
Il dit qu'on s'était moqué de lui, à cause de son amitié avec Ratzinger. "Pourquoi es-tu copain avec lui", lui demandait-on? Il n'y prêtait pas attention.
A présent, il se souvient d'une vieille religieuse qui lui avait dit: "Soyez loyal, avec le Cardinal. Il deviendra quelqu'un d'encore plus grand".
Maintenant que son ami est pape, Kühnel a du mal à échapper à tous ses "nouveaux amis". De toute l'Allemagne, des gens, mis au courant de ses voyages à Rome, lui envoient des dizaines de paquets destinés au Pape, qui arrivent à sa banque, à Munich.
"Pour Sa Sainteté le Pape Benoît, aux bons soins de M. Kühnel", telle est l'inscription, provenant de parfaits étrangers. Mais le messager de Munich choisit de n'emporter que les cadeaux des gens qui avaient considéré Ratzinger comme un ami du temps où il était cardinal. Après tout, il n'est pas un service de distribution du courrier, juste le "Père Noël" du Pape.


Voeux à la curie (3) | Les rapports entre l'art et la religion