Conférence de presse du patriarche latin de Jérusalem et du nonce en Israel. Compte-rendu par Marie Armelle Beaulieu, sur le site de la Custodie de Terre Sainte (22/5/2009)



Cette conférence de presse répond en quelque sorte à celle qui s'était tenue deux semaines auparavant, avec les mêmes protagonistes: Conférence de presse à Jérusalem

Mgr Fouad disait alors: Nous l'attendons avec joie, avec espoir, avec enthousiasme : nous voyons en lui un signe de la Providence, qui vient prier avec nous, pour nous tous, pour la paix, pour tous les habitants de Terre Sainte.
Texte ici: http://www.custodia.org/spip.php?article5852
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Je profite de l'occasion pour (ré)attirer votre attention sur le formidable site de la Custodie, animé par Marie-Armelle Beaulieu (http://www.custodia.org/spip.php?rubrique142 ).
Elle a tenu un journal "au jour le jour", très vivant, puisqu'elle était accréditée, il y a plein de photos, "comme si vous y étiez". Bref, une mine de trésors, que je n'ai pas fini de découvrir....



Le Saint Père parti à nous à récolter les fruits de sa visite
mercredi 20 mai 2009

Par Mab
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Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au Centre Notre Dame mercredi 20 mai, Sa Béatitude Mgr Fouad Twal et le Nonce en Israël et délégué apostolique à Jérusalem et pour la Palestine Mgr Antonio Franco ont estimé que « le pèlerinage de Benoît XVI en Terre Sainte est un succès à plus de 90%. »



Mgr Franco et Mgr Twal Photo MAB

Interrogé en premier lieu sur les quelque 10 % qui seraient moins positifs, Mgr Twal a dit que selon le proverbe arabe « La perfection revient à Dieu seul. » Devant l’insistance des journalistes, il a ajouté que la sécurité israélienne avait pu se montrer plus « papiste que le pape » en termes sécuritaires au moins et que cela avait pu entraîner quelques difficultés notamment, ajouta-t-il dans la suite de l’entretien avec les journalistes, dans la participation à la messe à Jérusalem le 12 mai dans la vallée du Cédron.

Mais tant le Patriarche que le Nonce ont largement insisté sur les aspects positifs de cette visite.

Venu comme pèlerin, le Saint Père a montré l’importance des Lieux Saints comme lieu de ressourcement. En cela, « il encourage les chrétiens du monde à suivre son exemple et à venir en pèlerin en Terre Sainte pour prier, pour avoir des contacts avec les communautés locales afin de prier pour nous et avec nous et ensemble prier pour la paix et pour tous les habitants de la région. » dit Mgr Twal.

Comme pasteur, le Saint Père s’est adressé à la communauté chrétienne locale. « Il a eut le plaisir de nous entendre, de nous écouter et il nous a adressé son message. Il nous revient maintenant de reprendre au calme ses discours et ses homélies pour nous en imprégner et pour en vivre. »

Venu en Chef d’Etat, le Souverain Pontife a été extrêmement clair sur la position que soutient l’Eglise en prônant une solution à deux Etats. « Le Saint Père a rappelé très clairement le droit d’Israël à vivre dans un pays en sécurité. Laissez-nous reconnaitre le droit d’Israël et laissez-nous reconnaitre le droit des Palestiniens à une patrie, à un Etat et faisons en sorte d’apporter la paix à cette partie du monde » poursuivit le Nonce Apostolique.

Pour l’essentiel, les deux prélats ont insisté sur le temps de la décantation et maturation du voyage : « Nous devons prendre du temps pour relire les discours, pour comprendre le message que le Pape a voulu nous laisser. (…) Les résultats ne sont pas pour aujourd’hui ni pour demain. Nous avons besoin de plus de temps. Donnez du temps au temps, donnez du temps à la Providence. (…) Mais ce message de dialogue, de paix, de réconciliation portera du fruit. » affirma le Patriarche.

« Le message doit être reçu, étudié, et il doit être certainement transformé en actions. Bien sur cela dépendra de la bonne volonté de chacun de nous de l’entendre vraiment et de confronter nos propres attitudes aux orientations positives laissées par le Saint Père. » insista Mgr Franco.

Interrogé sur le rôle de l’Eglise dans la résolution du conflit israélo-palestinien, le Nonce répondit : « Le rôle de l’Eglise n’est certainement pas un rôle direct mais il lui revient de former, d’éduquer à la paix, au respect. Il lui revient d’entraîner les gens à être capables de s’accepter les uns les autres, de se pardonner, de créer de nouvelles possibilités, de nouvelles chances pour créer les conditions de la paix en soutenant les efforts positifs, en essayant de vaincre les forces de résignation ou de passivité.

Concernant le dialogue interreligieux et œcuménique, Mgr Twal a dit que le Saint Père avait « été heureux de constater qu’il y a une volonté de dialogue entre toutes les religions, il a été content de constater qu’il y avait de la bonne volonté. Il a été content aussi, en un sens, continua Mgr Twal, de constater la complexité de notre situation. C’est une chose pour le pape de lire des rapports et c’en est une autre chose pour lui de toucher la réalité. »

Sur les polémiques suite aux discours de Yad vaShem, selon le Nonce apostolique, certains attendaient du pape qu’il joue un scénario déjà écrit, mais, poursuivit-il « Je vous invite à reprendre l’ensemble des paroles prononcées par le Pape et spécialement celle à son arrivée à l’aéroport, à Yad vaShem et lors de son discours final. Si nous mettons ensemble les trois moments, si nous cherchons à entrer vraiment dans la pensée du pape, il n’y a rien à désirer de plus du message qu’il nous a laissé sur la Shoah. » « Plus jamais cela. » Sa méditation sur le Nom à Yad vaShem est la plus belle méditation qu’il nous a donnée sur le souvenir et sur le devoir de se souvenir.

Quand on demanda à Mgr Twal quelle image demeurera pour lui la plus marquante il répondit : « Je ne veux pas d’une seule image, je veux tout un album photos de tous ces magnifiques moments tant en Jordanie qu’en Israël et Palestine. »

« Nous avons vécu une grâce et reçu un don du Seigneur et nous avons vu la main de Dieu. Ce voyage a été un succès jusque dans ses difficultés car le Saint Père a eu une expérience des réalités concrètes de notre vie en Terre Sainte. » conclut Mgr Franco.

Marie-Armelle Beaulieu





Une très belle leçon d’humanité Le bilan, par la partie adverse