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ATTAQUE CONTRE "JÉSUS DE NAZARETH"

Préambule


Peu de temps après la sortie du livre 'Jésus de Nazareth' en Italie, et en attendant sa publication en France, le philosophe Florès d'Arcaïs s'attaque au Saint-Père.

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Avant d'aborder l'article qui va suivre, paru dans l'Avvenire d'hier, il me paraît nécessaire, pour en situer le protagoniste, de relire ce que j'avais écrit dans ces pages il y a peu de temps, à propos de Florès d'Arcaïs: Paolo Florès d'Arcais contre Benoît XVI .

Joseph Ratzinger, répétons-le, avait eu la courtoisie, et même le courage (avec la grande ouverture d'esprit, et l'inébranlable sérénité qu'on lui connaît) de descendre dans l'arène, en 2000, pour se livrer en pâture aux loups, plus précisément accepter de débattre contre un philosophe athée militant, secondé en l'occurrence par un 'modérateur' tout acquis à ce dernier.
Passons sur le principe peu élégant (où on peut soupçonner une motivation simplement commerciale) qui consiste à attendre que le Cardinal Joseph Ratzinger soit devenu pape pour faire un livre de cet entretien, alors qu'on ne l'avait pas jugé nécessaire avant. Lui a-t'on seulement demandé de relire le texte, avant de le publier?
Manifestement, la rencontre n'a pas apaisé la hargne vindicative du philosophe. Elle s'est exprimée récemment dans une 'tribune' publiée dans le quotidien de gauche 'La Repubblica', et relayée en France, sans surprise, dans LE MONDE ( La croisade obscurantiste du Pape )
Il récidive maintenant, dans sa revue Micromega. En reprenant exactement les mêmes arguments -ceux qu'il développait évidemment dans le livre.
Le quotidien italien l'Avvenire monte au créneau pour le critiquer, et défendre l'ouvrage du Pape avec bec et ongles.


L'article de l'Avvenire

Article original en italien ici: http://www.db.avvenire.it/pls/avvenire/...
Texte en téléchargement: floresdarcais.pdf [311 KB]
On comparera l'agressivité du polémiste avec la sérénité du Saint-Père, telle qu'elle s'exprimait encore dans la préface de son livre, la seule partie à laquelle nous avons eu pour le moment accès, en France (avant la sortie du livre, le 5 mai):
http://beatriceweb.eu/Blog06/

Ma traduction:


 

Polémique: Les pré-jugés du lac.

Sur Micromega, dans un long essai, Florès d'Arcaïs attaque le livre de Benoît XVI avec des accents de rancoeur, et des arguments peu dignes de foi.

Depuis les sources bibliographiques douteuses jusqu'aux accusations "d'obscurantisme fidéiste', le philosophe, à propos de 'Jésus de Nazareth', fait l'étalage des pires stéréotypes, et, au nom de la raison, ressuscite de vieux fantasmes.
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Papa Ratzinger l'a écrit noir sur blanc: son 'Jésus de Nazareth'- sorti il y a deux semaines comme première partie d'une oeuvre à la suite de laquelle il travaille en ce moment, et qui n'est "en aucun cas un acte du magistère- peut évidemment être critiqué, mais il a besoin pour cela "d'un prérequis de sympathie, sans lequel aucune compréhension n'est possible".
Et la première critique d'importance du livre, qui vient d'être publiée aujourd'hui dans 'Micromega' sous la signature de son directeur Paolo Flores d'Arcaïs, confirme ce qu'a écrit Benoît XVI.
Le long texte, en fait, est totalement dépourvu de cette attitude, nécessaire à la connaissance de toute réalité, et témoigne même d'un pré-jugé --au sens éthymologique de jugement a priori-- qui finit par mettre de côté le livre du Pape, et empêche de le comprendre.
L'essai du philosophe italien, intitulé "Jésus et Ratzinger, entre histoire et théologie" est très long, et cependant il nous prévient qu'il est "un ensemble partiel (et même très partiel) de notes", qui seront développées dans un livre annoncé pour l'automne. En effet, le texte se présente comme un recueil d'observations -tirées d'une bibliographie "essentiellement anglo-saxonne" (très lacunaire- sur la question du Jésus historique, et sur ses relations avec la tradition chrétienne. Observations qui entendent critiquer sur le fond le Ratzinger de 'L'introduction au christianisme' (le commentaire au credo apostolique qui, déjà sorti en 1968 en Allemagne, eut un succès retentissant) et du récent 'Jésus de Nazareth'.
En réalité, la critique de Flores d'Arcaïs, loin de "démentir et démolir de façon analytique et extrêmement détaillée, les prétentions du Pape Ratzinger",(comme le prétend avec emphase l'accroche publicitaire) s'oppose surtout aux affirmations générales de Ratzinger, entassant dans le désordre, et une certaine approximation, des arguments déjà bien connus de tous, comme par exemple celui de la pluralité des christianismes: phénomène bien connu des historiens, qui ne contredit en rien l'argumentation de Benoît XVI. Lequel en est bien entendu au courant, et démontre même qu'il a un regard beaucoup plus large et à jour que celui des auteurs utilisés par le directeur de Micromega. Il suffit de se rappeler l'attention de Ratzinger, ciblée et rigoureusement historique, accordée à l'importance du judaïsme héllénistique, et des manuscrits de Ouram, ou bien au rapport entre la tradition de Jean, et les synoptiques (ndr: les 3 autres évangélistes).
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[ Ici prend place une série de considérations très techniques, où un familier de théologie argumente pied-à-pied contre le "philosophe", notamment en terme de choix bibliographique].
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Le ton plein de préjugés de Flores d'Arcaïs glisse ensuite vers une animosité accusatrise, bien résumée par la conclusion du long article, que nous citons car il donne un aperçu du ton général avec lequel l'auteur conçoit ses critiques:

"Son livre - conclut Flores d'Arcaïs- s'inscrit donc danc cette authentique croisade de "reconquête" avec laquelle l'Eglise hiérarchique du Pape Ratzinger n'entend plus se limiter à la critique véhémente des conquêtes de la modernité (très fragiles, mais développées de manière cohérente, et aujourd'hui plus que jamais menacées)..., mais cherche à colonniser à nouveau la société... sur les décombres de chaque vestige de Vatican II, à imposer comme "loi naturelle" ses propres dogmes moraux, et comme délits pénaux ce qu'il considère comme des "péchés mortels", après avoir renversé, par des accusations obscurantistes, toutes les valeurs critiques des "Lumières", pour les confisquer, et se les annexer".

Que dire? On doit seulement espérer que Flores d'Arcïs revoie cet "ensemble de notes" et évite, dans son prochain livre, l'inévitable et gratuite accusation d'obscurantisme fidéiste, que, sur Micromega, il adresse au 'Jésus' de Benoît XVI. Que dans la perpective de la foi, il aille au delà de la méthode historique, mais qu'il n'en fasse pas abstraction. Tout comme la foi ne fait pas abstraction de la raison.

Gian Maria Vian, Avvenire du 27 avril 2007


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